Fishing in Nova Scotia – Spoiler: I almost died

One day, my wife’s father decided to take me fishing. I guess he was getting worried hearing me talk about my baking, cooking, knitting (yes, knitting) and other not so Canadian manly activities. I thought, I’ve fished with my grandfather before; I’ll be OK. Well…

Everything started when after parking his truck near a small river, he handed me pieces of a fishing rod and told me to “put it together and set the line”.

“- Sure! Umm… how?

– How what?

– Well, how do I set it? My grandfather used to do it for me.”

After rolling his eyes and sighing at my uselessness, he prepared my fishing rod and handed it to me with a big fat earthworm.

“- Unless you don’t know how to hook it…”

– Oh no, I know how to do that!”

So I took my rod, my worm and headed to the spot he pointed.

Once I was out of his sight, I started my fight with the worm. Because of course, I lied. I had fished before, but I had only used maggots (not worms that were bigger than my middle finger). After struggling for a few minutes, I managed to get that big slimy thing on the little hook.

A few cast-offs and false alarms later, I saw him coming towards me carrying two big trout.

“- How are you making out?

– Not as well as you apparently!

– Oh, I was just lucky. That part of the river overthere seems to be better anyway, come.”

So, I settled in my new spot just 10 feet away from him. The pressure was rising now that he could see what I was doing. I concentrated, cast-off, and of course, my line ended up in a tree behind me. It was so tangled that I had to cut it and set up a new one. This time I managed to do it myself and impress him a little. My ego got a little boost and I felt remotivated. I was going to catch a lot of fish and show him that I could feed his daughter if a nuclear disaster sent us back to the stone age. I was going to be the Elvis of fishing.

Well, that was before hell broke loose and released its worst creatures on me: black flies. Being from Europe I had never heard of these monsters before my first summer here. When black flies bite you, unlike mosquitoes, they don’t inject anything into the bite. Two consequences : it’s not itchy (so you don’t realize you are being bitten) and your blood doesn’t coagulate, so you bleed.

So, I was there, ready to beat the world fishing record when I realized I was surrounded by a cloud of tiny insects. Actually I was covered with them. I tried to wave them away, I killed one, two, twenty, but they seemed too attracted to my delicious blood. I turned my head to see how my companion was dealing with them. He  wasn’t moving at all. They weren’t bothering him because they were all after me. I decided to face my enemy. I put my hat on to protect part of my ears. They continued to swarm me. They would land on any piece  of exposed skin, bite me, take off and come back a few seconds later. I could almost hear them call their friends “Hey, we found an open bar!”. They were biting my eyes, nose, lips, fingers… But I wouldn’t give up. I almost couldn’t see anything, they were like a black drape in front of me. I could see my father-in-law looking at me though. I told myself “It’s a test, hold on!”

Right when I was ready to give up, I felt something at the end of my line! There it was, I was finally going to catch a fish! I brought it back slowly. When the fish was out of the water I tried to act like I wasn’t too excited. However, I was so happy about it that I forgot to make sure the fish was above the ground, and not the water… Of course it’s when I reached for it that the fish managed to free itself and go back to  freedom. That was it, I had had enough. I had blood all over my arms, my legs and my face, swallowed probably 100 grams worth of protein and just lost my only hope to bring something back.

“- Well, we  probably won’t catch anything else today and you don’t look very good, let’s go home.”

Thank God!

In the truck on the way back, I was pretty quiet (probably because my lips were so swollen). I glanced at him while he was driving and noticed a little smile. I couldn’t decide if it was because of the fish he caught or the look of my face (and he hadn’t been bitten even once!). But when I looked in the mirror, despite my swollen left eye and lips and dozens of red spots I saw the same smile on my face. I had passed the test, I had survived.

Of course, that smiled quickly disappeared when my eye and lips swollen even more and spots on my limbs turned purple. I looked diseased, but it went away after a week. I’m a great fishing companion now. I don’t catch anything but the bugs will leave you alone because they will be too busy feasting on me.

 

Disclamer : For storing telling purposes I took some (a lot, actually) creative liberty describing my father-in-law. 

 

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Read more about how much I love living in Nova Scotia here (home page)

My left arm after a few days

My left arm after a few days

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Un jour, le père de ma femme a décidé de m’amener pécher. J’imagine qu’il commençait à s’inquiéter de m’entendre parler de gâteaux, cuisine, tricot (oui, tricot) et d’autres choses pas typiquement masculines. Je me suis dit, pas de problème, j’ai déjà pêché avec mon grand-père, tout ira bien. Tu parles…

Tout a commencé, quand après avoir garé son camion près d’une petite rivière, il m’a tendu différentes pièces d’une canne à pêche et m’a dit de l’ « assembler et monter ma ligne ».

« – Bien sûr, euh… comment

– Quoi, comment ?

– Bah, comment je la monte ? Mon grand-père le faisait toujours pour moi. »

Après un roulement d’yeux et un gros soupir, il a préparé ma canne. Il me l’a ensuite tendue, accompagnée d’un bon gros ver de terre.

« -À moins que tu ne saches pas comment l’accrocher…

– Ah si, bien sûr, ça je sais faire ! »

J’ai donc pris ma canne, mon ver et me suis dirigé vers l’endroit qu’il me désignait.

Une fois hors de sa vue, j’ai commencé à me battre avec le ver. Parce que bien sûr, j’avais menti. J’avais déjà pêché mais seulement avec des petits asticots (pas des vers plus gros que mon majeur).  Après plusieurs minutes à batailler, j’ai réussi à accrocher ce gros truc gluant au petit hameçon.

Quelques lancés et fausses touches plus tard, je l’ai vu se diriger vers moi avec deux grosses truites.

« – Comment tu t’en sors?

– Moins bien que vous apparemment !

– Oh, j’ai juste eu de la chance. Et puis l’autre côté de la rivière est meilleur, viens. »

Je me suis donc installé de l’autre côté, à 3 mètres de lui. La pression montait maintenant qu’il pouvait voir ce que je faisais. Je me suis concentré, j’ai lancé ma ligne, et bien-sûr, elle s’est prise dans un arbre derrière moi. Elle était tellement emmêlée que j’ai dû la couper et en monter une autre. Cette fois-ci j’ai réussi à le faire tout seul et je l’ai un peu impressionné. Mon ego s’est senti mieux et j’étais remotivé. J’allais attraper plein de poissons et lui montrer que je serais capable de nourrir sa fille si un désastre nucléaire nous renvoyait à l’Âge de Pierre. J’allais être l’Elvis de la pêche.

Tout ça s’était avant que l’Enfer se déchaîne et envoie ses pires créatures après moi : les mouches noires. Étant d’Europe je n’avais jamais entendu parler de ces monstres avant mon premier été en Nouvelle Écosse. Quand une mouche noire vous pique, contrairement aux moustiques, elle n’injecte rien dans votre sang. Deux conséquences : ça ne gratte pas (et donc vous ne réalisez pas que vous êtes en train de vous faire piquer) et votre sang ne coagule pas, donc vous saignez.

Bref, j’étais là, prêt à battre le record du monde pêche quand j’ai réalisé que j’étais entouré d’un nuage d’insectes. En fait, j’en étais complètement couvert. J’ai essayé de les chasser, j’en ai tué une, deux, vingt, mais elles étaient trop attirées par mon sang. J’ai tourné la tête pour voir comment mon compagnon s’en sortait. Il ne bougeait absolument pas. Elles ne le dérangeaient pas du tout puisqu’elles étaient toutes après moi. J’ai décidé de faire face à l’ennemi. J’ai mis ma casquette pour protéger ce que je pouvais de mes oreilles. Elles continuaient à tourner autour de moi par dizaines. Elles se posaient sur n’importe quel morceau de peau découvert, me piquaient, décollaient et revenaient quelques secondes plus tard. Je pouvais presque les entendre appeler leurs copines « Hé, tournée générale! » Elles me piquaient les yeux, le nez, les lèvres, les doigts… Mais je n’allais pas abandonner. Je ne pouvais presque rien voir, elles formaient comme un rideau noir devant moi. Mais je pouvais voir mon beau-père me regarder. « C’est un test », je me suis dit, « tiens bon ! »

Juste quand j’allais abandonner, j’ai senti quelque chose au bout de ma ligne ! Ça y était, j’allais enfin attraper un poisson. Je l’ai ramené doucement. Quand le poisson s’est retrouvé hors de l’eau, je l’ai joué cool, comme si de rien n’était. Mais j’étais tellement excité que j’ai oublié de m’assurer que le poisson était bien au-dessus du sol, et pas de l’eau… Bien-sûr c’est quand j’ai tendu la main pour l’attraper qu’il a réussi à se libérer et est retombé à l’eau. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, j’en avais eu assez. J’avais du sang plein les bras, les jambes et le visage, j’avais probablement avalé 100 grammes de protéines sous forme de mouches et je venais de perdre le dernier espoir de ramener quelque chose.

« Bon, on attrapera probablement plus rien aujourd’hui et t’as pas l’air au mieux de ta forme. On devrait rentrer. »

Dieu merci !

Dans le camion sur le chemin du retour, j’étais plutôt silencieux (probablement parce que mes lèvres étaient très gonflées). Je l’ai rapidement observé du coin de l’œil et j’ai vu qu’il avait un petit sourire aux coins des lèvres. Je n’arrivais pas à décider si c’était à cause des poissons qu’il avait attrapés ou à cause de mon état (et il n’avait pas était piqué une seule fois !). Mais quand je me suis regardé dans le miroir j’ai vu que je j’avais le même petit sourire. J’avais passé le test, j’avais survécu.

Bien-sûr, le sourire a vite disparu quand mon œil et mes lèvres ont gonflé encore plus et que les boutons dont mon corps était couvert ont viré au violet. J’avais l’air malade, mais ça s’est arrangé après une semaine. Je suis un très bon compagnon de pêche maintenant. Je n’attrape rien mais les insectes vous laisseront tranquille parce qu’ils seront trop occupés à se régaler sur moi.

 

Note : J’ai pris quelques libertés littéraires concernant mon beau-père pour rendre cette histoire encore un peu plus intéressante.

 

Five years

Five years. Today is the fifth anniversary of my moving to Canada. When I got on that plane to Halifax, I had no idea what would happen and how long I would stay in Canada.

In my family, when people move abroad it usually lasts for 4 and a half years. My mom lived for 4 and a half years in Pittsburgh when she was a kid, and I lived for 4 and a half years in Tunisia as a child. So 6 months ago, I was kind of waiting for a supernatural force to send me back to France. But I’m still here, and I’m still enjoying it. Probably because in the past five years I’ve done things I had never done before (not that you can’t do them somewhere else):

I perfected my English, tried waterskiing, “went to the cottage”, had real Fish & Chips, defended France even when I knew it didn’t make sense, drank Jägermeister, went to an NHL game, barbequed on Christmas day, ate lobster, ran a marathon, took a ferry to go home from work, ate 32 chicken wings for dinner, visited awesome cities (Quebec, Montreal, Ottawa), went skiing in Maine,  drove 15 hours straight in the same country, got addicted to Caesars, watched an entire game of curling, missed my family and friends like never before, finally bought a 42-inch tv, almost got eaten alive by mosquitoes, cut down my own Christmas tree, grew a mustache, went whale watching, became a permanent resident of Canada, got a great job and got married.

 

The past 5 years have been so important not only because I’ve been doing what I’ve always wanted: living abroad – more specifically in North America – but also because they marked the transition between 25-ish to 30-year old-ish-me. And I am really happy it happened here.

 

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Cinq ans. Aujourd’hui est le cinquième anniversaire de mon déménagement au Canada. Quand je suis monté dans l’avion pour Halifax, je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer et de combien de temps je resterais au Canada.

Dans ma famille, quand on déménage à l’étranger ça dure en général  4 ans et demi. Ma mère a habité pendant 4 ans et demi à Pittsburgh quand elle était enfant et j’ai habité pendant 4 ans et demi en Tunisie avec mes parents quand j’étais petit. Alors il y a six mois, je m’attendais un peu à ce qu’un phénomène surnaturel me renvoie en France. Mais je suis toujours ici et je m’y plais toujours. Probablement parce que pendant ces cinq dernières années j’ai fait beaucoup de choses que je n’avais jamais faites avant (non pas que ce soit impossible de les faire ailleurs):

J’ai perfectionné mon anglais, essayé le ski nautique, suis “allé au cottage” (ou “au chalet” pour les canadiens francophones), mangé un vrai Fish & Chips, défendu la France même quand je savais que j’avais tort, bu du Jägermeister, suis allé à un match de NHL, fait un barbecue le jour de Noël, mangé du homard, couru un marathon, pris le bateau pour rentrer du travail, mangé 32 ailes de poulet pour le dîner, visité des super villes (Québec, Montréal, Ottawa), fait du ski dans le Maine, conduit 15 heures d’affilé dans le même pays, suis devenu accro aux Caesars, regardé un match de curling en entier, ma famille et mes amis m’ont manqué comme jamais, je me suis finalement acheté la télé que je voulais, me suis presque fait dévorer vivant par des moustiques, coupé moi-même mon sapin de Noël, porté la moustache, vu des baleines, obtenu un travail que j’adore, suis devenu résident permanent du Canada et me suis marié.

 

Les cinq dernières années ont été si importantes non-seulement parce je fais ce que j’ai toujours voulu faire: habiter à l’étranger – plus particulièrement en Amérique du Nord – mais aussi parce qu’elles ont marqué la transition entre mon moi de 25 ans et moi moi de 30 ans (à peu de chose près). Et je suis vraiment content qu’elle se soit faite ici.

 

 

 

Going home

Slowly becoming Canadian means I spend a lot of time – actually all my time – in Canada. Fortunately, I get to go back home once in a while. Here are some things you should keep in mind if you are ever in this situation:

1- Make a list of all the people you want to see. Done? Now, accept the fact that you won’t get to see all of them. Unless you have plenty of money or don’t have a job, you never go home for a long enough period to see everybody. That’s just the way it is.

2- Get ready to eat and drink a lot more than usual. This is especially true if, like me, you’re going to France. France has one of the best cuisines in the world and great food combined with cheap alcohol is a recipe for a few hangovers and a few extra pounds around your waist. That’s OK though. When you’re at the gym back in Canada, losing the extra pounds, you will miss the food and the drinks, so enjoy!

3- Make sure not to refer too much to the country where you currently reside. When you visit your home country , you may find yourself wanting to compare both countries and talk constantly about your new home to your family and friends. However, remember when your friends went on a trip to a faraway country and showed you tons of pictures and told you everything about its culture? You don’t want to be that person.

4- Spend time with your family and friends. This trip is about seeing people you miss the rest of the time. You’ll have plenty of time to rest when you go back to where you live now.

5- You might get very sad when it’s time to leave. Keep in mind that it was your choice to move abroad and that you’re going back to your “new home” that you love. To cope, start planning your next trip home or figuring out a way to convince people to come visit you.

France will always be home for me. I am Slowly Becoming Canadian, but when I go home it doesn’t take me more than 30 seconds to be completely French again.
France, me voilà !

 

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Devenir lentement canadien veut dire que je passe beaucoup de temps – tout mon temps en fait – au Canada. Heureusement, j’arrive à rentrer en France de temps en temps. Voici quelques conseils que vous devriez garder à l’esprit si jamais vous vous retrouvez dans la même situation :

1- Faites une liste de toutes les personnes que vous voulez voir. C’est fait ? Maintenant, faites-vous à l’idée que vous ne pourrez pas tous les voir. Sauf si vous avez beaucoup d’argent ou que vous ne travaillez pas, votre voyage n’est jamais assez long pour voir tout le monde. C’est comme ça.

2- Préparez-vous à manger et boire bien plus que d’habitude, surtout si comme moi vous aller en France. La France a une des meilleures cuisines du monde et la bonne nourriture combinée à l’alcool à bas prix est une bonne recette pour pas mal de gueules de bois et quelques kilos en plus. Mais ce n’est pas grave. Quand vous serez de retour au Canada et à la salle de sport en train de perdre les kilos pris, la bonne nourriture et le bon vin vous manqueront, alors profitez-en !

3- Assurez-vous de ne pas trop parler du pays dans lequel vous vivez. Quand vous allez en vacances dans votre pays d’origine, vous avez tendance à comparer les deux pays et à en parler constamment  à vos amis et votre famille. Mais, vous vous souvenez quand vos amis sont partis en vacances dans un pays lointain, qu’ils vous ont fait regarder des tonnes de photos et vous ont tout expliqué au sujet de sa culture ? Ne soyez pas cette personne.

4- Passez du temps avec votre famille et vos amis. Vous faîtes ce voyage pour voir les gens qui vous manquent le reste du temps. Vous aurez tout le temps de vous reposer quand vous serez de retour où vous vivez maintenant.

5- Vous serez probablement très triste quand il sera temps de rentrer. Rappelez-vous que c’était votre choix de vivre à l’étranger et que vous retournez à votre « nouveau chez vous » que vous aimez. Pour vous remonter le moral, commencez à planifier votre prochain retour ou à trouver un moyen de convaincre vos amis et votre famille de vous rendre visite.

 

La France sera toujours mon « chez moi ». Je deviens lentement canadien, mais quand je rentre en France ça ne me prend jamais plus de 30 secondes pour redevenir complètement français.

France, me voilà !